Sans tambour ni trompette

SANS TAMBOUR NI TROMPETTE

Le cap est fixé.

L’ARCHE travaille, sans faire de bruits, à concrétiser les axes de l’article 3 de ses statuts. Elle travaille à faire de ses piliers conceptuels quelque chose de concret, de plausible, de palpable.cimg0228.jpg

Dès 1995, elle a créé une école à Martissant, banlieue sud de Port-au-Prince. Agapao reçoit tous les ans entre 125 et 150 enfantsauxquels un repas est donné tous les jours. La promotion de l’éducation et de l’instruction, qui assure un avenir meilleur, invite à aller plus loin.

Aujourd’hui, l’espace utilisé n’est toujours pas propice à un enseignement de qualité alors qu’il nous faudra en scolariser davantage. Tous les enfants concernés ne sont pas inscrits car les conditions économiques et sociales ne permettent pas encore aux parents d’intégrer pleinement leur parentalité.

Il est important de les accompagner, eux aussi, pour qu’ils rendent efficiente et pérenne la scolarisation. La consolidation des situations parentales préparera l’espace pour que « école, éducation, instruction » contribuent effectivement à la promotion personnelle et collective. Tels des passeports pour l’avenir.

Il convient donc d’assainir la situation. Comment se développer, comment tendre vers un futur amélioré dans un espace ségrégué ? Comment évoluer dans ces lieux où le bon sens se retire pour laisser la place à ce qui favorise les violences, le mal-être, l’angoisse existentielle?

Ce sont là des situations graves qui appellent à la solidarité. Ce sont également des situations où les principaux concernés doivent devenir acteurs, conscients qu’il est possible de renverser la vapeur par leurs réflexions et par leur force de travail. Ce sont enfin des situations qui convoquent une citoyenneté agissante et sans frontière.

L’ARCHE, conformément à sa vision, s’est engagée dans un processus de déconstruction pour mieux aider à appréhender l’avenir. Rien n’est dicté. Tout est concertation, débat et synthèse. C’est le forum paysan, espace d’apprentissage à la citoyenneté, qui impulse la protection de l’environnement ainsi que les autres projets de développement économique et/ou social.

S’agissant de la protection de l’Environnement, nos campagnes de reboisement visaient Port-au-Prince, Léogâne et même Fonds des Nègres dès 1987. C’était à notre seule initiative et c’était une erreur. Le forum paysan initié à Léogâne en 2009 a corrigé les erreurs du passé. Ainsi, l’année 2012 a –t- elle vu la réalisation du projet « Des arbres et de l’eau pour Colline-Deslandes » grâce aux aides du conseil général de l’Essonne et de la fondation Bruneau mais aussi grâce à la participation enrichissante des paysans de Colline-Deslandes. sam-0090-2.jpg

Cette campagne a mis en action des enfants. L’avenir en somme. Le forage du puits offre désormais une eau potable au village qui faisait, il n’y a pas si longtemps, quelques kilomètres pour aller chercher une eau mauvaise à la consommation, avec des seaux remplis, tout en dévalant et escaladant souvent. Nous faisons tout cela sans tambour ni trompette. Notre sens de la solidarité nous interdit toute fanfaronnade mais img-0456.jpgnous astreint à l’engagement qui ne se dédit pas. (Photo du puits, des gens qui sont venus chercher de l’eau)

C’est en son nom qu’en 2009, l’ARCHE a initié des actions de développement économique basées sur la culture des paysans. Notre projet de développement animalier et agricole qui favorise la quête d’autonomie des paysans, des femmes notamment, assurera, au moins à Colline Deslandes, la sécurité alimentaire. Il faudra l’amplifier encore et encore pour que soit rentrée dans les faits cette autonomie.

Qui ne se souvient des émeutes de la faim d’avril 2008 ? Qui ne s’en était pas ému devant la détresse de ces femmes et de ces hommes, tous paysans ? Ces émeutes touchaient presque en même temps des agriculteurs dans un peu plus de trente pays dans le monde.

Nous avons fait du développement animalier et agricole un objectif clair : rendre le paysan propriétaire de son bétail, lui donner du pouvoir d’achat, nous assurer de son bien-être. C’est ce à quoi nous nous sommes attelés avec le projet « Du bétail et des semences pour Collines-Deslandes, Trouin, Santo et Sigueneau en dépit du séisme et autres fléaux.

Pocimg2711.jpgur ce qui concerne le micro crédit, les femmes sont désormais les seules responsables du dispositif. Il les fait commercer et les met en situation de « dames sara ». En outre, certaines sont devenues entre temps propriétaires de leur bétail.

 L’autonomie financière les émancipe mais demande une grande rigueur de gestion et d’économie familiale. Comment ne pas consommer dans la seconde qui suit le bénéfice fait, sans formation préalable en gestion? Comment parler gestion quand les capacités intellectuelles ne sont pas développées ? Sans formation, peut-on s’assurer de ne plus revoir des paysans dans les émeutes de la faim? En ce qui concerne les femmes, quelles garanties a-t-on sur la maîtrise de leur fécondité si rien ne leur permet de connaître les enjeux ? Voilà pourquoi il faut consolider les actions menées pour le développement économique mais sans oublier de créer les conditions du développement social.

Qui a déjà oublié les ravages du séisme destructeur du 12 janvier 20cimg2675.jpg10 avec ses centaines de milliers de morts et des millions de sans-abri, violentés et tués par l’insécurité entretenue ?

Vous n’avez pas oublié les ravages de ce cataclysme qui a interdit même aux enfants de sourire. Votre empathie, que nous relayons, leur a rendu ce sourire bien naturel. Les effets sont visibles à travers le projet « Les constructions de la dignité ».

 

Grâce à vous, nous avons mis à l’abri quelques familles, recréé l’espace qui protège l’enfance et qui favorise son épanouissement. La dignité est retrouvée pour celles-ci. Mais il reste soixante-sept maisons à construire. Il ycimg2663.jpg a encore des gens dans des tentes, en proie à la violence la plus aveugle.cimg2669.jpg

On a arrêté d’en parler comme si tout était réglé. Comme s’il ne subsistait aucune trace des violences consécutives au séisme du 12 janvier 2010. Puis Isaac, une horrible tempête de cet été, s’est rappelé à nos souvenirs. Et Sandy n’a pas autorisé à refermer les plaies. Ce cyclone a succédé au premier sans laisser le temps aux victimes de se remettre debout. La situation reste grave.

Paradoxalement, c’est une situation qui doit montrer la culture comme source d’émancipation totale. Les gens ne sont pas suffisamment armés pour faire face à des catastrophes majeures. Des catastrophes à répétition, plus violentes les unes que les autres. Ils ne s’en sortiront pas sans cette solidarité qui favorise le renforcement de leurs capacités. C’est pourquoi nous avons créé le premier festival des arts haïtiens avec son double effet sur « ici et là-bas ».

Il doit montrer la culture comme de nature à libérer, à ouvrir au monde, ceux qui en sont injustement privés et qu’on condamne au sous-développement. C’est le défi que s’est lancée l’ARCHE avec la création de ce festival, le premier festival des arts haïtiens en Essonne en 2012 dont un des objectifs est la construction d’une structure vulgarisatrice de culture et de savoirs à Colline-Deslandes.

Ses retombées ont permis la pose de la première pierre « du parvis des arts et des savoirs », cette structure qui vérifiera les axes de l’article 3 des statuts de notre association : « promouvoir la culture et l’éducation, protéger l’environnement, appeler à la solidarité en vue du développement de l’humain ici et là-bas».

L’écho est doublement favorable. Ici, des musiciens talentueux et leur public nombreux ont donné des signes que la solidarité est salvatrice. Elle permet la libération d’autrui et offre des instants de réel bonheur.

Bonheur d’aller à la rencontre de l’autre, par delà les mers et les océans, pour lui dire qu’on se ressemble et qu’on vit les mêmes sentiments de joie ou de tristesse et que nous sommes unis dans une même condition, celle qui nous empêche d’être indifférents à la souffrance et au dénuement de l’autre.

Pour être solidaire, pour la culture, pour l’humanité, pendant ce long mois de février et malgré la rigueur du froid, les salles Guy Vinet de Palaiseau et l’espace Liberté de Massy résonnaient du konpa direct endiablé, du blues envoûtant et de bien d’autres styles musicaux qui réchauffaient les cœurs tandis que la bibliothèque de Champlan, comme la médiathèque George Sand de Palaiseau, a été dans la douce spirale du réalisme merveilleux haïtien.

Ecoutez Judeimgp7390.jpg Joseph conter. Et, Compère tigre prendra ses jambes à son cou devant les frasques d’unecimg1704.jpg chèvre apeurée, un matamore qui réussit son coup. Que veut nous dire Jude, accompagné au tam-tam par son compère Atissou Loko, percussionniste émérite ?

 Ils étaient à Massy quelques jours avant. Il a remis cela juste pour nous faire plaisir. Pour nous dire Haïti au bout des mots et de la percussion. Pour nous dire Haïti au moyen des paroles magiques prises dans l’envoûtement du tambour haïtien sous les mains habitées d’Atissou loko.

La médiathèque George Sand, ornée des toiles de deux peintres haïtiens : Gary Legrand et John Boom. Ils se sont donné la main pour dire le naïf et le figuratif haïtiens comme deux faces d’une même médaille.

Il y a aussi cette trouvaille qu’on appelle la « battle de diseurs ». Voici le sémillant Jovaski REJOUIS avec Emmanuel Vilsaint, Germanie Lahens et bien d’autres dans une démonstration du lire qui fait entendre l’unisson de ces cœurs qui battent imperceptiblement dans chaque ligne, dans chaque caractère, chez chaque auteur. Un régal. Nous y avons passé d’exquises soirées de contes, de projections-débat, de rencontre avec les artistes.

La salle « Les travées à Juvisy » se pare de ses meilleurs atours pour recevoir la magnifique Dominique Sylvain. Une Femme. Et l’on chantait « Panama mwen tombé, Je suis l’eau, Ti-Prince, Respire ». Etc.

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Des jeunes, de notre partenaire « Médiane Prévention », projettent de façon ferme leur voyage humanitaire en Haïti. Ils vont faire du reboisement et autre chose, bien sûr. Une façon bien aux jeunes de s’opposer au désert qui avance dans ce pays qui vaut bien mieux que le destin qu’on lui donne. Ils vont reboiser en arbres fruitiers dans le prolongement du projet « Des arbres et de l’eau pour Colline-Deslandes» et peut-être ajouter leur pierre à la construction du parvis des arts et des savoirs. Là-bas, on les attend.

Là-bas, on a cristallisé les effets du premier festival des arts haïtiens à travers la réalisation du pesquisse-3-1.jpgarvis des arts et des savoirs.

Tout le monde debout, pris dans l’ivresse d’un avenir qui se dessine. Un avenir meilleur pour le village mais aussi pour toute la section communale grâce à votre solidarité. Ils vous ont répondu à leur manière, même ces handicapés joyeux d’être là et montrant leur utilité à cette société qui les discrimine. Quel accueil ont-ils fait à votre abnégation ! cimg2761.jpg

Il fallait voir cette population assoiffée de savoirs et de culture lors de notre séjour là-bas en été 2012.

Il fallait voir ces femmes et ces hommes qui pensent que leur avenir n’est pas seulement un peu d’argent, une vache, une poule et jouer les dames sara et les agriculteurs en survie.

Il fallait voir ces femmes qui pensent que la bataille pour la sécurité alimentaire doit être menée au même moment que celle pour la vulgarisation de la culture et des savoirs, une manière d’opérer la différence entre elles et leur bétail.

cimg2780.jpgIl fallait voir enfin ces enfants qui construisent de leurs petites mains leur propre avenir. Ils ont compris. Ils ont encore besoin de vous. Ce n’est que la première pierre de leur lendemain qui est posée. 

Ils parient que le deuxième festival des arts haïtiens va réaffirmer la fonction libératrice de la culture. Ils comptent sur vous, adhérents, sympathisants, artistes, musiciens, écrivains, anonymes pour soutenir la création de leur parvis des arts et des savoirs. Ils comptent sur vous pour donner un avenir à l’art haïtien et adhérer aux projets de l’ARCHE qui fait la promotion de la culture et de l’éducation, qui protège l’environnement et qui appelle à la solidarité.

Parodions M. Phelps : « Disons l’aube à qui passe. Inventons d’autres chemins. »

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Commentaires (4)

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Date de dernière mise à jour : 21/11/2014